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Alimentation et changements climatiques : quels sont les liens ?

Début août cet été, alors qu’une partie de la population française profitait de ses vacances, deux nouvelles sont sorties la même semaine : l’annonce de l’arrivée du footballeur Messi au PSG, et la sortie de la première partie du 6e rapport du GIEC. La première nouvelle a fait un peu d’ombre à la deuxième… Et même si j’aime beaucoup le foot, c’est plutôt la deuxième info qui m’a inspiré cet article !

Le GIEC est le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat. Rassemblant des scientifiques de divers pays, le GIEC s’appuie sur des milliers d’études scientifiques pour publier des rapports. Leur travail est considéré comme la référence, les Etats s’appuient dessus pour trouver des accords dans la lutte contre le réchauffement. Les conclusions du dernier rapport d’août 2021 sont particulièrement inquiétantes (mais entre nous, qui s’attendait à de très bonnes nouvelles sur ce sujet ?). 

Notre interrogation chez Pouloulou a alors été très simple : quels liens entre alimentation et changement climatique ? Et peut-on agir efficacement ?

Changement climatique : quelle place prend l'alimentation ?

Chacun d’entre nous a des besoins en termes de mobilité, logement, alimentation… qui génèrent inéluctablement des émissions de gaz à effet de serre et qui impactent le changement climatique. Actuellement, l’empreinte carbone moyenne d’un Français est de 10,8 tonnes de CO2e par an (chiffre 2017). L’alimentation n’arrive qu’en quatrième position dans les grandes catégories de consommation derrière la mobilité, le logement et les biens et services privés. L’alimentation représente alors 2,0 tonnes de CO2e par an, soit 18,5% de l’empreinte moyenne. Vous vous attendiez peut-être à un peu plus ?

Note : Les gaz à effet de serre regroupent plusieurs éléments : le dioxyde de carbone (CO2), mais aussi le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O), et d’autres. Pour avoir une seule mesure, il est possible de tout rapporter à un équivalent CO2 abrégé CO2e.

Pour atteindre les objectifs fixés par les accords de Paris, c’est-à-dire ne pas dépasser un réchauffement planétaire de +2°C par rapport à l’ère préindustrielle, il faut réduire drastiquement cette empreinte carbone pour atteindre… 2 tonnes par personne et par an. Oui, c’est 5 à 6 fois moins que la moyenne actuelle ! Rien qu’en s’alimentant comme nous le faisons en moyenne aujourd’hui, la limite est atteinte !

Qu'est-ce qui, dans l'alimentation, a le plus d'impact sur le changement climatique ?

L’alimentation regroupe l’agriculture et la production des aliments, leur transport, leur stockage, leur distribution et leur préparation. Parmi tous ces facteurs, c’est l’agriculture qui contribue le plus à l’émission de gaz à effet de serre. La distance parcourue par nos aliments et la quantité d’emballages plastique ont bien entendu des effets, mais ils sont au second plan. 

L’agriculture (élevage, culture et engins agricoles) génère des émissions de plusieurs gaz : du méthane principalement lié à la digestion des ruminants (45% des émissions en agriculture), du protoxyde d’azote lié aux engrais azotés, effluents d’élevage et résidus de culture (40% des émissions) et du CO2 lié à la consommation d’énergie sur l’exploitation (15% des émissions).

 L'élevage a l’impact le plus important : la production de viande émet du CO2 mais aussi d’autres gaz comme le méthane qui réchauffent le climat. De plus, il faut nourrir les animaux avec des productions céréalières, souvent issues de la déforestation (la déforestation consiste à couper ou brûler des arbres au-delà de la capacité de renouvellement de la forêt. La déforestation est liée à 80% à l’agriculture.). 

Pour limiter l’effet de notre alimentation sur le changement climatique, la solution avec le plus d’impact apparaît clairement (et c’est l’ADEME qui le dit, agence publique) : réduire voire supprimer la viande, en particulier le bœuf.Ainsi, les habitudes suivantes peuvent être adoptées :

-   Privilégier la volaille ou le porc. L’empreinte de notre alimentation est corrélée à notre alimentation de viande, mais toutes les viandes ne contribuent pas de la même façon à l’émission de gaz à effet de serre. La viande rouge est la viande qui a le plus fort impact carbone. Ainsi, 1kg d’une entrecôte émet 6 fois plus de gaz à effet de serre que 1kg de filets de poulets. 

-   Réduire la consommation de viande. Si vous êtes de grands consommateurs de viande, une première étape peut être de décider de manger de la viande uniquement le midi. Vous pouvez aussi choisir de manger de la viande uniquement le week-end.

-   Devenir végétarien, ce qui signifie ne plus manger ni viande ni poisson.

Impact en GES pour différents types de repas (source : nosgestesclimat - ADEME)

Notez bien que nous parlons ici de l’impact de la diminution de la consommation de viande sur le changement climatique, pas sur la santé. Si vous changez votre alimentation et que vous devenez végétarien, nous vous invitons à vous renseigner pour le faire bien et éviter les carences. Soulignons toutefois qu’aujourd’hui la consommation de viande est en moyenne excessive et qu’elle a même un impact négatif sur notre santé !

L'alimentation a des effets sur le changement climatique. Le changement climatique a-t-il des effets sur l'alimentation ?

Oui. 

Le changement climatique peut entraîner un manque de nourriture et des famines :

-   Les rendements agricoles peuvent être amenés à baisser : la production agricole peut être affectée par la sécheresse, la température, les événements extrêmes, les inondations, les submersions. Cette année, la sécheresse et les incendies ont touché le Canada et sa production de blé, les récoltes sont également décevantes en Russie. Les industriels des pâtes ont alerté sur une éventuelle pénurie de blé dur. Le poulet, les œufs et les pâtes pourraient voir leur prix augmenter.

-   La biodiversité marine est affectée, or les produits issus de la mer peuvent constituer une part importante de l’alimentation pour certaines populations. On peut citer deux phénomènes qui expliquent cette mise en péril de la biodiversité marine :

  • La hausse de la température de l’eau fragilise la biodiversité marine
  • L’acidification de l’océan rend plus difficile la formation de calcaire pour les coquilles. Or, à la base de la chaîne alimentaire, on trouve des microorganismes qui ont une coquille en calcaire. Cela affecte donc la biodiversité marine. Et si vous voulez tout savoir, l’acidification de l’océan est liée au fait qu’une petite partie du CO2 se dissout dans l’océan et se transforme en ions acides (H2CO3 puis H2CO3-). 

Est-ce que nous allons tous mourir  ? Oui. Mais peut-être pas du changement climatique (mais je ne m’engage pas pour les générations futures).

D’ailleurs, les scientifiques du GIEC indiquent qu’il est encore temps d’agir. Sur Twitter, le vice-président de la Commission européenne a ainsi indiqué « Ce n'est pas trop tard pour endiguer la tendance et empêcher un dérèglement incontrôlable du changement climatique, à condition d'agir résolument maintenant et tous ensemble ». Voilà, nous aussi avons envie de croire que nous sommes tous capables de nous mobiliser. Merci à tous ceux qui agissent, à petite ou grande échelle.

Pour aller plus loin spécifiquement sur le sujet du réchauffement climatique :

- Le 1er pas : Mesurer son impact carbone : https://nosgestesclimat.fr/. Cela vous permettra d'identifier ce que vous pouvez changer dans votre vie de tous les jours pour moins émettre de CO2e !

- Se documenter, ci-dessous quelques sources clefs pour en apprendre plus sur la problématique Énergie-Climat :

 - Participer à un atelier de La Fresque du Climat pour comprendre les liens de cause à effet qui expliquent le changement climatique aujourd'hui. De nombreux ateliers sont proposés soit en physique, soit à distance. Nous vous recommandons très vivement cet atelier !

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