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Pourquoi l'Agriculture Biologique gagne-t-elle du terrain ?

La consommation de produits biologiques en France est en pleine expansion, vous l'avez probablement remarqué dans les rayons bio des marchés et supermarchés de plus en plus fournis. Selon l'Agence Bio, 71% des Français consomment mensuellement au moins un produit bio, et 12% quotidiennement. La croissance de la consommation bio est forte avec +15% par an et un marché de 9,7 milliards d'euros en 2018.

Alors nous vous proposons un zoom sur l'Agriculture Biologique pour comprendre cette nouvelle tendance et ses effets pour les consommateurs et les acteurs de la filière.

Qu'implique l'Agriculture Biologique ?

Le Conseil de l'Union européenne présente la production biologique comme un système global de gestion agricole et de production alimentaire respectueux de l'environnement, de la biodiversité, des ressources naturelles et du bien-être animal.

La production biologique impose ainsi le respect d'un cahier des charges, impliquant entre autres l'exclusion de l'usage des produits chimiques de synthèse, des OGM et la limitation d'emploi d'intrants. La production biologique entraîne aussi par exemple la rotation des cultures annuelles (ce qui signifie que la production sur une même parcelle changera d'une année sur l'autre). Sur l'élevage, cela a des conséquences sur l'alimentation des animaux qui doit être biologique et sur les normes en termes de pratiques et d'espaces : par exemple, pour les porcs la caudectomie est interdite (c'est le fait de couper leur queue, ce qui est réalisé dans les élevages intensifs car les porcs dévorent la queue de leurs congénères en raison de la promiscuité), pour les poules l'élevage de plein air est imposé avec un espace plus important que dans les autres modes d'élevage.

Cette production biologique se traduit par des labels : le label bio européen (avec une feuille sur fond vert) et le label bio français qui est aligné avec les normes du label européen en incluant la notion d'origine française des produits (le fameux logo AB).

Logo des productions biologiques

L'agriculture biologique est reconnue officiellement depuis un règlement européen de 1991, et connaît une forte croissance particulièrement ces dernières années. Ainsi, en 2018, 2 millions d'hectares en France étaient exploités en bio ce qui représente 7,5 % des surfaces agricoles. Plus de 41 000 exploitations sont engagées en bio, avec une croissance de 13% entre 2017 et 2018. Malgré les investissements et besoins humains plus importants que représente une conversion en bio, les agriculteurs font le choix du bio pour répondre à la demande des distributeurs et des consommateurs et générer des revenus plus importants. Ainsi selon l'Insee, la production de légumes bio permet de tirer un excédent brut d'exploitation de +32%, pour la vigne bio l'écart est même de +73%.

Acheter bio pour consommer plus responsable ?

Le bio est de plus en plus prisé. Cette consommation du bio est motivée par :
- des considérations personnelles comme la préservation de sa santé (69% des sondés selon une étude de l'Agence Bio) et la qualité et le goût des produits (58%)
- des considérations avec une dimension d'engagement envers la société comme la préservation de l'environnement (56%) et le bien-être des animaux (28%).

Pour autant, le bio essuie quelques critiques. L'esprit de l'Agriculture Biologique avec une attention toute particulière à l'environnement rentre parfois en conflit avec les grandes exploitations bio dont proviennent une partie importante de la production bio. Les produits parcourent parfois des milliers de kilomètres, ce qui pose un peu question. Ainsi 31% des produits bio sont importés et ne sont donc pas locaux (source : Ministère de l'Agriculture). Face à ces frictions, des labels plus stricts s'affichant comme plus responsables ont émergé. On peut par exemple citer Demeter qui s'appuie sur l'agriculture dite biodynamique et porte un soin tout particulier à la terre, ou encore le label Equitable Ecocert qui suit un cahier des charges prenant en compte des règles pour limiter l'emballage et le transport jusqu'au consommateur final.

Le bio face à ses défis

Si le bio est certes une tendance montante, il ne représente encore que 5% de la consommation des ménages. Plus chers de 79% en moyenne que les produits issus de l'agriculture conventionnelle (étude UFC Que Choisir 2017), les fruits et légumes bio ont encore parfois une image un peu inaccessible.

Par ailleurs, les Français restent encore méfiants : 61% affirment avoir une confiance mitigée dans les informations fournies sur les produits biologiques, regrettant un manque d'informations sur l'origine, la réglementation et le contrôle des produits biologiques.
On ne peut aussi que déplorer le suremballage des produits bio : vous avez peut-être remarqué dans les grandes surfaces que les fruits et légumes bio sont parfois sous plastique (cela est dû à la nécessité de pouvoir distinguer des produits bio de non-bio, distinction souvent impossible à faire à l’œil nu).

Enfin, dans les exploitations, les rendements en produit à l'hectare en bio sont moins importants. Cela signifie qu'un espace plus important est nécessaire pour obtenir une même quantité de produits. A grande échelle, cela peut poser problème face au défi de nourrir l'humanité.

Malgré les défis et les critiques portés au bio, la transition en agriculture biologique est un pas responsable :
- pour les agriculteurs qui augmentent leurs revenus et travaillent moins en contact de produits chimiques néfastes pour leur santé
- pour le bien-être animal et l'environnement
- pour le consommateur qui trouve a priori des produits de meilleure qualité en bio (nous vous laissons juges de ce point-là bien sûr)

Le bio n'est néanmoins pas toujours la solution la plus responsable et son impact n'est pas toujours compris du consommateur. Chez Pouloulou, notre objectif est justement de vous donner les clés de compréhension sur les produits responsables, nous espérons alors que ces contenus sont éclairants !

Pour aller plus loin
Nous vous partageons des anecdotes amusantes. Nous parions que vous allez épater vos collègues et amis !

  • vous avez déjà constaté les différences de goûts entre les jus d'orange ? Dans le cas des jus (ne comprenant aucun ajout), la différence n'est due qu'au goût des fruits. Ainsi, les jus premium sont souvent plus appréciés que ceux des marques premier prix qui prennent les fruits les moins chers et un peu moins bons au goût.
  • en France, on peut trouver des oranges notamment en Corse et dans la région PACA. Pour pousser, les oranges ont besoin de lumière, et surtout d'être à l'abri du gel. C'est pourquoi les rois de France qui voulaient faire pousser des oranges avaient fait construire des orangeries. 
  • Orange, la ville du Vaucluse, ne doit son nom ni à la couleur orange, ni au fruit, mais à son nom latin Arausio (avec une racine pré-indo-européenne "ar-" signifiant hauteur). Voilà, c'était important de le dire. Pour y planifier vos vacances cet été c'est ici.

Vous êtes sensibles à votre alimentation et à l'environnement ?

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